Autorisation pour prélever des spécimens en France
Guide pas à pas indiquant quand une déclaration ou autorisation est requise selon espèces protégées, chassables ou animaux morts, autorités et textes à consulte
- Genre
- Éthique et Règlement
- Publié
- 03.09.2026
- Mis à jour
- 07.09.2026
- Lecture
- 9 min
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Ce guide explique, pas à pas, quelles autorisations peuvent être requises pour prélever, détenir ou naturaliser des spécimens en France, et rappelle les autorités et textes à consulter selon la situation.
Pourquoi une autorisation ?

Le prélèvement et la détention de spécimens non domestiques sont encadrés par le code de l’environnement. L’objectif principal est la protection du patrimoine naturel. Les règles visent aussi à prévenir le commerce illégal et à protéger la santé publique.
Le code de l’environnement définit les interdictions générales relatives à la capture, à l’enlèvement, à la détention, à la naturalisation et à la mise en vente de spécimens d’espèces protégées. Ce cadre légal laisse toutefois place à des dérogations accordées par l’autorité administrative compétente, notamment le préfet, selon les textes applicables.
La distinction entre espèces protégées, espèces chassables et animaux morts trouvés dans le milieu naturel est déterminante pour la procédure à suivre. Ces catégories impliquent des règles et procédures différentes, mentionnées dans les textes officiels cités plus bas.
Quels cas nécessitent une autorisation ou une déclaration ?
Plusieurs situations peuvent relever d’une déclaration ou d’une autorisation. Parmi elles figurent le prélèvement d’un spécimen vivant pour capture ou marquage, l’enlèvement d’un spécimen mort dans le milieu naturel en vue de taxidermie ou d’exposition, la détention et la naturalisation de spécimens protégés, ainsi que les prélèvements effectués pour la recherche ou l’enseignement.
Pour les animaux appartenant à des espèces chassables, des autorisations spécifiques, distinctes du régime des espèces protégées, existent. Les textes et les démarches applicables aux espèces chassables diffèrent et sont traités séparément par les textes réglementaires cités.
Selon la finalité (recherche, enseignement, exposition, taxidermie artistique), la règle applicable peut être l’obligation d’une autorisation, d’une déclaration ou une interdiction. Les procédures et les pièces demandées varient en fonction de ce cadre légal et des arrêtés d’application pertinents.
Qui délivre l’autorisation et comment la demander ?
Plusieurs autorités interviennent selon le cas. Le préfet peut délivrer des dérogations pour des spécimens d’espèces protégées. Les services départementaux compétents (DDT(M) / DDCSPP) traitent des agréments et des autorisations liés à la collecte et aux exigences sanitaires. Pour certains dispositifs, des ministères ou des organismes délégataires comme le CRBPO (Muséum national d’Histoire naturelle) sont impliqués.
La procédure générale consiste à constituer un dossier détaillant la finalité du prélèvement, la justification scientifique ou artistique, la formation du demandeur, le protocole de prélèvement et les modalités de traçabilité. Ce dossier est déposé en préfecture ou, selon les cas, via les plateformes indiquées par Service-Public.
Les pièces demandées sont précisées dans les textes et peuvent inclure la justification de la finalité, une description des espèces concernées, le protocole prévu et, si exigé, une déclaration de non-commercialisation. La liste exacte des pièces dépendra de l’arrêté ou de la décision locale qui s’applique au dossier.
Cas pratiques pour le taxidermiste
La taxidermie sur spécimens morts trouvés dans la nature obéit à des règles particulières. Les mentions obligatoires incluent le lieu et la date de découverte et, le cas échéant, la cause présumée de la mort. Si le spécimen appartient à une espèce protégée, une autorisation peut être nécessaire pour le prélever ou le détenir.
Les ateliers et établissements qui effectuent de la taxidermie doivent se conformer au régime sanitaire applicable aux sous-produits animaux. Le régime rappelle l’exigence d’agrément sanitaire pour les établissements utilisant des sous-produits d’animaux non destinés à la consommation humaine, et prévoit des obligations concernant la non-rétrocession et la conservation des informations.
L’instruction BOagri citée prévoit une procédure d’autorisation pour l’utilisation à des fins artistiques, d’exposition ou de taxidermie, avec des obligations telles que la non-rétrocession et l’information des services compétents au moment de la collecte.
Espèces protégées : dérogations et conditions strictes
Le régime des espèces protégées prévoit des interdictions générales assorties de possibilités de dérogation. Ces dérogations prennent la forme d’arrêtés préfectoraux ou, dans certains cas, d’arrêtés ministériels, et sont soumises à des conditions strictes.
Les conditions imposées par les textes peuvent inclure la justification scientifique ou pédagogique de l’opération, la formation des opérateurs et des obligations de traçabilité et de conservation des données. Des arrêtés fixes encadrent les cas où une capture, un enlèvement ou une perturbation peuvent être autorisés.
Pour certaines tâches relatives aux oiseaux, des délégations existent et des organismes comme le CRBPO assurent des dispositifs de gestion et d’agrément. Des dispositifs spécifiques peuvent concerner, par exemple, la pose de bagues ou d’autres dispositifs de marquage, selon les textes applicables.
Sanitaire, hygiène, et sous-produits animaux
La manipulation de tissus et de peaux est soumise à un cadre sanitaire précis. Le régime des sous-produits animaux non destinés à la consommation humaine définit les modalités d’agrément et d’autorisation des établissements qui travaillent ces matières.
Les obligations portent sur l’agrément sanitaire, la traçabilité des prélèvements, la conservation des informations et l’interdiction de rétrocéder des spécimens sans autorisation. En cas de doute sanitaire, la DDCSPP ou l’autorité sanitaire compétente doit être contactée pour obtenir les consignes locales.
Les textes administratifs et l’arrêté relatif aux modalités d’agrément sanitaire fixent les conditions à respecter pour la manipulation et la conservation des sous-produits animaux à des fins de taxidermie ou d’exposition.
Procédure étape par étape (mode d’emploi)
Étape 1 : identifier l’espèce et son statut légal (protégée, chassable ou commune) en se référant aux listes officielles. Étape 2 : définir clairement la finalité du prélèvement (recherche, taxidermie, exposition) et préparer les justificatifs demandés par les textes.
Étape 3 : contacter la DDT(M) / DDCSPP ou la préfecture compétente pour connaître le formulaire et la procédure de dépôt applicables au cas. Étape 4 : respecter les obligations de traçabilité si l’autorisation est accordée (registre, fiche de découverte, conservation des données). Étape 5 : en cas d’urgence ou de suspicion sanitaire, signaler immédiatement aux autorités sanitaires compétentes et consulter un vétérinaire lorsque cela est requis.
Exemples de décisions et textes à consulter
Les textes et notices officiels essentiels sont listés ci‑dessous et résumés brièvement pour orienter la recherche documentaire.
- Code de l’environnement — chapitres sur l’encadrement des usages du patrimoine naturel : cadre général sur capture, prélèvement, détention et dérogations.
- Arrêté listant les oiseaux protégés et modalités : précise le régime applicable aux oiseaux protégés et les cas d’interdiction ou d’exception.
- Arrêté de 2014 fixant conditions et limites pour les dérogations relatives à la capture d’espèces protégées : fixe des conditions comme la formation et les finalités admises.
- Service-Public — procédures de demande de dérogation et d’autorisation : décrit la procédure administrative à suivre selon la nature de l’acte.
- Arrêté relatif aux modalités d’agrément sanitaire des établissements traitant des sous-produits animaux : encadre agrément et non-rétrocession.
- Instruction BOagri 2018-716 : procédure d’autorisation pour l’usage à l’état cru des sous-produits animaux et obligations des établissements.
- CRBPO (Muséum national d’Histoire naturelle) — délégations et ressources juridiques : acteurs délégataires pour certaines opérations sur oiseaux.
- Note technique DTRF/CEREMA — obligations de traçabilité et conservation des spécimens : utile pour les protocoles de traçabilité et les conséquences administratives.
Que faire en cas de doute ou si un spécimen a déjà été naturalisé sans autorisation
En cas d’incertitude sur la conformité d’une action passée, il faut cesser toute mise en vente ou cession du spécimen concerné et contacter la DDCSPP ou la préfecture compétente pour signaler la situation et obtenir des instructions. Conserver l’ensemble des pièces et éléments de contexte (lieu, date, découverte) facilite la régularisation éventuelle.
Il est recommandé de solliciter le service administratif compétent avant toute action de commercialisation. Pour les questions d’ordre juridique, renvoyer à un juriste spécialisé reste la voie adéquate.
Foire aux cas particuliers
Les prélèvements pour une collection muséale, les prélèvements dans un parc national, la cession à un musée et le prélèvement d’un cadavre suspect pour diagnostic sanitaire relèvent d’exigences spécifiques. Ces situations nécessitent un contact préalable avec la préfecture, la DDT(M)/DDCSPP ou les autorités du parc concerné, ainsi qu’une vérification des textes applicables listés ci‑dessous.
Sources et modèles de formulaires (où chercher)
Les portails officiels à consulter sont Service-Public et Légifrance, ainsi que les pages et documents du ministère en charge et du CRBPO pour les délégations concernant les oiseaux. Les formulaires et arrêtés sont accessibles via la préfecture ou la DDT(M) compétente selon la localisation du prélèvement.
Encadré : obligations éthiques et de non-commercialisation
La mise en vente ou la cession sans autorisation de spécimens protégés est interdite. Les opérateurs doivent respecter les obligations de traçabilité et de conservation des données. Le non-respect des règles peut entraîner des conséquences administratives et pénales prévues par le cadre légal.
Vérifier localement — modèle de questions à poser
Contacter la préfecture ou la DDT(M) / DDCSPP et poser, au minimum, ces questions :
- Quel est le statut légal exact de l’espèce concernée dans le département ?
- Quelle procédure et quel formulaire devez-vous soumettre pour la finalité visée (taxidermie, exposition, recherche) ?
- Quelles pièces justificatives et quelles obligations de traçabilité sont exigées pour ce dossier ?
- Existe-t-il des consignes sanitaires locales ou un agrément à obtenir pour l’atelier ou l’établissement ?
Date de mise à jour : consulté et synthétisé d’après les textes et documents officiels listés, consultés le 04/09/2026. Prévoir une revue annuelle du contenu.

Rédactrice · taxidermie, voyage, loisirs
Manon Fabre suit taxidermie, voyage, loisirs pour barbarin-taxidermiste.com et vérifie chaque information avant publication.
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